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  • Les articles les plus populaires de 2017

    Les articles les plus populaires de 2017

     

    C’est déjà le temps de dire au revoir à 2017.  Pour le troisième anniversaire de Docs d’urgence, voici le récapitulatif des articles les plus partagés de l’année.

     

    9) Visites répétées à l’urgence, douleur abdo vague et nausée… Un tableau peu parlant, peu spécifique, mais une vraie urgence à reconnaître, surtout en présence de facteurs de risque. Connaissez-vous la présentation de la thrombose mésentérique veineuse?

    http://docsdurgence.com/2017/09/16/visites-repetees-douleur-abdo-vague-et-nausee-une-vraie-urgence-a-reperer/

    16 775 personnes atteintes

     

    8) « Docteur, j’ai mal à la gorge, je n’arrive plus à manger ! »
    Strep A ou non, quelles ont les données des cortico pour le soulager?

    http://docsdurgence.com/…/dexamethasone-po-pour-un-gros-ma…/

    18 559 personnes atteintes.

     

    7) PATIENT EN CHIMIO, SOUS IMMUNOTHÉRAPIE – NOUVELLES URGENCES À RECONNAÎTRE ! Avant, on s’inquiétait d’un système immunitaire à plat… savez-vous quels agents oncologiques pourraient entraîner des maladies auto-immunes potentiellement sévères ? Surveillez vos profils médicamenteux et gardez vos corticos tout près, au besoin.

    http://docsdurgence.com/2017/07/22/patient-en-chimio-sous-immunotherapie-nouvelles-urgences-a-reconnaitre/

    18 836 personnes atteintes

     

     

    6) Les “Top Trucs” de Top Mu.

    Je vous ai déjà parlé de l’excellent site Top Mu par l’équipe du Dr Marcel Émond et al., de Québec, où vous sont présentés des articles sous format vidéos-illustrés. Concept novateur et unique dans la province, je contribue désormais à la section « Top Trucs », avec le Dr David Paré. Vous y trouverez des capsules où nous présentons des outils pratiques pour la médecine d’urgence.

    https://topmu.ca/category/top-truc/

    18 891 personnes atteintes

     

    5) Quels patients avec DRS se méritent une surveillance cardiaque avec moniteur dans nos salles d’urgence ? Lorsque l’urgence déborde, chez quels patients avec DRS peut-on cesser la télémétrie? Une étude canadienne…

    http://docsdurgence.com/2017/02/18/quels-patients-avec-drs/

    19 091 personnes atteintes

     

     

    4) Les ECG ischémiques critiques!

    Un externe me disait: « je m’en vais faire un stage à option à l’ICM, il faudrait bien que je lise sur les ECG. Que me suggérez-vous ? »

    « Il y a plusieurs bonnes sources, mais au-delà de la référence, es-tu familier avec cette liste ?

    https://www.facebook.com/docsdurgence/posts/1890729004277466

    19 695 personnes atteintes

     

     

    3) Diagnostic – photo : femme de 64 ans avec mal de gorge, température, odynophagie et voix rauque… examen visuel de la gorge normal… diagnostic ?

    http://docsdurgence.com/…/mal-de-gorge-et-difficulte-a-ava…/

    21 052 personnes atteintes.

     

     

    2) Trucs du métier pour résidents nouvellement gradués – j’ai seulement 7 petites années d’expérience, mais pour vous qui débutez, voici ce que j’aurais aimé savoir en commençant…

    http://docsdurgence.com/2017/07/01/10-petits-trucs-du-metier-pour-les-nouveaux-gradues/

    25 120 personnes atteintes.

     

    1) Infection urinaire 101 –  condition trop commune pour ne pas en parler.  Pas étonnant que ce soit l’article le plus lu en 2017 ! Quels sont les données, les écarts avec la pratique…

    http://docsdurgence.com/2017/04/17/infection-urinaire-traitement-101/

    28 014 personnes atteintes

     

    Je voudrais en terminant vous remercier pour vos partages et vos commentaires.  Ma seule rétribution pour ce site et le temps que j’y mets est votre intérêt… et l’impression que cela pourrait accélérer la diffusion des études qui changent la pratique, pour améliorer les soins aux patients.

    Merci donc pour votre participation dans ce projet qui me tient à cœur.

    Bonne année 2018 à tous !

     

    Frédéric Picotte, MD

    Urgence de Shawinigan

    Université de Montréal

    www.Docsdurgence.com

  • Rupture du croisé antérieur du genou-  « the Lever sign »

    Rupture du croisé antérieur du genou-  « the Lever sign »

    Que diriez-vous d’un nouvelle manœuvre à l’examen physique appuyée par les données probantes pour diagnostiquer une rupture du croisé antérieur du genou ?  On sait déjà que le Lachman est plus sensible (86 % en moyenne) que le tiroir antérieur (62% en moyenne), mais le « Lever sign » pourrait être encore plus sensible.   Dr Allesandro Lelli qui a décrit cette nouvelle manœuvre dans l’étude originale avait une sensibilité de près de100% pour une rupture du croisé, si on le comparait à l’IRM.   2 autres études ont obtenu des sensibilités de 86 % et de 94 % respectivement.  Cependant, l’étude la plus récente de Keith A. Jarbo et al. a plutôt obtenu une faible sensibilité de 63%, avec cependant un bon accord inter-observateur.  En fait, selon ce dernier écrit, la sensibilité ne variait pas selon le niveau d’expérience du clinicien, que ce soit un étudiant pré-gradué, un externe, un résident en orthopédie ou un fellow qui utilisait la méthode.  Finalement, cette manœuvre avait l’avantage d’être facile à utiliser pour les cliniciens avec de petites mains ou pour des patients très musclés ou souffrant d’embonpoint, un avantage évident par rapport au Lachman.  Bref, le « Lever sign », quoiqu’imparfait, pourrait être un outil de plus à utiliser dans votre examen physique pour les ruptures du croisé.

    Une  vidéo vaut mille mots 🙂

    Espérant le tout aidant,

    Frédéric Picotte, MD
    Urgence de Shawinigan
    Université de Montréal

    Vidéo :

    https://www.youtube.com/watch?v=T9ujIYIctdw

     

    Étude de Keith A. Jarbon et al.  en open access : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5639970/

    Autres ressources :

    https://ptpodcast.com/pt-inquest-episode-73-lever-sign-for-acl-injury/

  • Dexaméthasone PO pour un gros mal de gorge – un traitement à considérer ?

    Dexaméthasone PO pour un gros mal de gorge – un traitement à considérer ?

     

    Vous voyez chaque jour des patients avec pharyngite ou amygdalite. Bien qu’un grand nombre de ces patients viennent pour se faire rassurer qu’ils ne « couvent » pas un strep A, plusieurs consultent aussi parce que la douleur est mal contrôlée avec les analgésiques en vente libre. Certains présentent de l’odynophagie importante, de la difficulté à s’hydrater parfois.   Peut-on proposer autre chose à nos patients qui souffrent d’un mal de gorge important ?

     

    Une méta-analyse parue dans le BMJ en août 2017 a tenté de répondre à la question.  Les auteurs ont fait une recherche compréhensive pour regrouper des études randomisées-contrôlées qui comparaient les cortico versus le traitement usuel ou un placebo, chez des enfants de plus de 5 ans ou des adultes, avec comme raison de consultation des symptômes liés à un mal de gorge.  Les patients provenaient de la première ligne ou de l’urgence.  Les études n’étaient pas incluses si elles avaient recruté spécifiquement des patients immunodéprimés, des maux de gorge liés à la mononucléose, des patients hospitalisés, des enfants avec suspicion de laryngite striduleuse ou des cas d’abcès péri-amygdaliens avérés.  La méta-analyse a finalement compté 10 études avec un total de 1426 patients.  Le taux de prévalence de strep A dans les études variaient de 14.9 à 100%.  Les auteurs ont conclu que la DEXA 10 mg pour une dose améliore le taux de guérison à 48 heures (RR 1.5, qualité des preuves élevées).  On parle d’un NNT de 5 pour un cas de guérison à 48 heures, dans cette population.  La temps requis pour une résolution complète des symptômes était aussi diminuée dans le groupe cortico versus le placebo, donc -11.1  heures pour soulagement complet avec le cortico versus le placebo (qualité des preuves faibles).  Pour vous donner un comparatif, le soulagement était environ de -16 heures lorsqu’un antibiotique était donné pour la pharyngite, versus le placebo (Spinks A, et al. Cochrane Database 2013).

     

    Par ailleurs, une des études randomisées incluses dans la méta-analyse, celle de Hayward et al. parue dans le JAMA en avril 2017, a voulu étudier tous les patients avec pharyngite virale présumée, en excluant les cas de strep avérés ou ceux chez qui le clinicien jugeait d’emblée qu’un antibiotique était requis.  Dans cette étude randomisée de pharyngite virale probable en première ligne (taux de strep faible, soit de 14.9% finalement), le NNT pour la dexa était un peu plus faible, soit à 11 pour guérir un patient à 48 heures.  Donc, malgré un bénéfice statistiquement significatif, il semble que les pharyngites virales bénéficient moins du traitement avec le cortico.

     

    Si on revient à la méta-analyse, 9 des 10 études ont porté attention aux effets indésirables du traitement.  Selon ces données, il n’y avait pas d’augmentation significatives des effets indésirables liés au cortico, même si le suivi des effets indésirables n’était pas une issue primaire, et que la façon de vérifier les événements variait dans chacune des études rapportées.

     

    Bref, je ne pense pas que la dexaméthasone PO soit un traitement de première ligne pour la plupart des pharyngites, que l’on voit dans nos urgences.  Nos AINS et l’acétaminophène restent le traitement de première intention. Cependant, pour le patient très symptomatique, avec douleur ou difficulté à s’alimenter, la dexaméthasone orale 0.6 mg par kg, en une seule dose, ad un maximum de 10 mg, a le potentiel de réduire la durée des symptômes modestement et augmente les chances d’être guéri au jour 2 (à 48 heures), avec un « number needed to treat » (NNT) de 5.  Je pense que c’est une corde de plus à l’arc du clinicien, lorsque les symptômes sont très incommodants, peu importe que le résultat du strep rapide ou de la culture.

     

    Pour une condition aussi commune, je pense que l’étude vaut la peine d’être parcourue.

     

     

    Frédéric Picotte, MD

    Urgence de Shawinigan

    Université de Montréal

     

    SADEGHIRAD, Behnam et al. Corticosteroids for treatment of sore throat: systematic review and meta-analysis of randomised trials.  BMJ 2017; 358: j3887.

    http://www.bmj.com/content/358/bmj.j3887

     

  • Les « zones grises » –  DRS à garder ou à congédier ?

    Les « zones grises » –  DRS à garder ou à congédier ?

     

     

    22h30.  Vous revoyez un patient de 56 ans laissé par  votre collègue pour DRS subite qui est survenue le matin au repos…  le patient, un camionneur,  est connu MCAS et a eu un stent sur sa coronaire droite il y a 5 ans, sans autre lésion significative à la coro alors.  Il se dit observant à sa médication, mais sédentaire.  La douleur est survenue dans son camion, sous forme de serrement, sans irradiation, ni vomissements ou sueurs.  La douleur a durée 15 minutes, auto-résolutive, sans nitro.   Deux ECG ont été faits et sont inchangés.  Les signes vitaux ont toujours été normaux. Les troponines sériées à 3 heures d’intervalle sont demeurées normales.  Vous n’êtes pas si inquiet, mais vous hésitez à congédier le patient pour une stratification en externe, étant donné son antécédent de MCAS.  Il se fait tard… gardez-vous le patient en observation pour la nuit ou avec un work-up rapide en externe ?

     

    Je rencontre souvent ce genre de dilemme dans ma pratique.  La conduite finale variera d’un clinicien à l’autre, selon aussi l’accessibilité d’une stratification rapide en externe.  Mais y a-t-il un outil pour nous aider ?

     

    Cette semaine sur Top Trucs, David Paré et moi présentons l’outil clinique EDACS, afin de vous donner une option, lorsque « le jugement clinique » vous apparaît dans une zone grise.  Vous verrez dans la capsule vidéo que la sensibilité de l’outil est élevée, et que le score a un bon pouvoir de discrimination, permettant de classifier à bas risque la moitié d’une cohorte de patients avec DRS.  En comparaison, le jugement clinique était parfaitement sensible, mais avec un taux beaucoup moins élevé de patients éligibles à un congé précoce.

     

    Si on entre les caractéristiques du patient ci-haut dans le score, le patient serait jugé à faible risque. Il serait donc possible de le congédier immédiatement, selon les données probantes.

     

    Lorsqu’il se fait tard ou que vous tergiversez entre un congé ou non, des outils validés, comme le score EDACS ou le HEART Pathway,  peuvent vous aider à trancher.

     

    J’espère que vous aimerez cette capsule, et que cela vous permettra de vous rassurer parfois dans vos « zones grises ».  En ce Thanksgiving américain, merci de votre intérêt pour le site,

     

    Frédéric Picotte, MD

    Urgence de Shawinigan

    Université de Montréal

    Références

    https://topmu.ca/edacs/

     

    https://www.mdcalc.com/emergency-department-assessment-chest-pain-score-edacs

     

    Am J Emerg Med. 2017 May;35(5):704-709

    Missed myocardial infarctions in ED patients prospectively categorized as low risk by established risk scores.

    Emerg Med J. 2016 Sep;33(9):618-25.

    External validation of the emergency department assessment of chest pain score accelerated diagnostic pathway (EDACS-ADP).

     

     

     

  • Les ECG ischémiques critiques!

    Les ECG ischémiques critiques!

     

    Un externe me disait cette semaine: « je m’en vais faire un stage à option  à l’ICM, il faudrait bien que je lise sur les ECG.  Que me suggérez-vous ? »

    « Il y a plusieurs bonnes sources, mais au-delà de la référence, es-tu familier avec cette liste ? »

    ECG d’ischémie à haut risque

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J’ai aussi ajouté à la liste un ECG non-ischémique, un « incontournable » à reconnaître… le WPW en FA… où l’adénosine, voire même l’amiodarone, sont à proscrire (voir http://docsdurgence.com/2015/04/26/deux-ecg/)

     

    Ceux qui suivent le site depuis quelques années auront reconnu plusieurs thèmes abordés.  Si les diagnostics ci -haut ne vous sont pas familiers, je vous encourage à aller parcourir quelques photos sur le web, à garder  l’image en tête pour votre prochaine DRS.  Vous pourriez sauver une vie, diminuer les délais de traitement.

     

    Et les « faux positifs » là-dedans… ou quand on s’inquiète pour rien ?

    Pour les plus avancés parmi vous, j’aimerais aussi partager quelques ressources de « faux positifs »… des ECG où l’ischémie cardiaque n’était pas la cause.   Même si je pense que notre rôle comme urgentologue est d’être « très sensible », augmenter notre « spécificité » ne peut pas nuire… surtout pour le sommeil de nos consultants.

    • DDx de l’élévation du ST en aVR – quand le tronc commun n’est pas la cause : https://ecgweekly.com/2017/10/amal-mattus-ecg-case-of-the-week-october-23-2017/ (abonnement requis)… le Dr Mattu présente dans cette capsule vidéo pleins d’ECG avec une élévation du ST en aVR, mais non-lié à une ischémie critique du tronc commun… anémie sévère, BBG, hyperkaliémie, intox au TCA, TSVP, embolie pulmonaire, dissection aortique, crise hypertensive avec HVG, etc. Il nous rappelle que l’histoire de la présentation est la clé.

     

     

    L’ECG est un bout de papier… il peut faire toute la différence.  Comme personnel œuvrant à l’urgence, nous sommes appelés à départager rapidement l’urgent du bénin.  En espérant que les anomalies décrites dans la liste ci-haut vous sauteront aux yeux lors de votre prochain cas d’ischémie critique.

     

    Frédéric Picotte, MD

    Urgence de Shawinigan

     

    Autres références d’ECG ischémiques critiques:

     

  • Le Shawi « Podmed »

    Le Shawi « Podmed »

    Baladodiffusion de données probantes avec potentiel de changer la pratique

     

     

    J’aimerais vous présenter la première version « beta » de notre nouvelle baladodiffusion, le « Shawi Podmed ».  Des résidents de la CUMF de Shawinigan ont décidé de s’impliquer pour discuter d’études avec potentiel de changer la pratique.  Nous en sommes aux premiers balbutiements pour apprivoiser la technologie de l’audio, mais le futur est prometteur.  Pour ces capsules, nous travaillerons avec la collaboration et le support du Développement Professionnel Continu de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, sous la direction du Dr Vincent Jobin.  Nous espérons que ce nouveau projet vous plaira et qu’il permettra de transférer plus rapidement les données à la pratique courante.

     

    Notre premier sujet portera sur les différents traitements pour la gonarthrose, mais plus particulièrement pour les corticos injectés.  Est-ce que ce traitement semble efficace si on le compare à une injection de saline aux 3  mois ? Et qu’en est-il de l’effet sur le cartilage? Protecteur ou délétère ?

    Dre Amélie Jobin se joindra à moi pour discuter de l’étude de Timothy E. McAlindon et al, publiée dans le JAMA en mai 2017.  Les conclusions sont plus qu’intéressantes.

     

    https://www.dpcmed.umontreal.ca/ressources/balados/

     

     

    Et prochainement sur le Balados de votre iphone.

     

    Bonne écoute !

     

    Frédéric Picotte, MD

    Urgence de Shawinigan

    Directeur CUMF de Shawinigan

     

    Articles discutés :

    Timothy E. McAlindon et al. Effect of intra-articular triamcinolone vs saline on knee cartilage volume and pain in patients with knee OA. JAMA. 2017 May 16;317(19):1967-1975.

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28510679

    Bruno R Da Costa et al. Effectiveness of non-steroidal anti-inflammatory drugs for the treatment of pain in knee and hip osteoarthritis: a network meta-analysis.  Lancet. 2017 Jul 8;390(10090):e21-e33.

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28699595

     

    Rutjes AW et al. Viscosupplementation for osteoarthritis of the knee: a systematic review and meta-analysis. Ann Intern Med. 2012 Aug 7;157(3):180-91.

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22868835

     

    Chenchen Wang et al. Comparative Effectiveness of Tai Chi versus physical therapy for knee osteoarthritis.  . Ann Intern Med. 2016 Jul 19;165(2):77-86

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27183035

     

    Economic Aspects of Osteoporosis and Osteoarthritis (ESCEO) algorithm for the management of knee osteoarthritis-From evidence-based medicine to the real-life setting. Semin Arthritis Rheum. 2016 Feb;45(4 Suppl):S3-11.

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26806188

     

     

     

  • Les “Top Trucs” de Top Mu

    Les “Top Trucs” de Top Mu

     

    Je vous ai déjà parlé de l’excellent site Top Mu par l’équipe du Dr Marcel Émond et al., de Québec, où vous sont présentés des articles sous format vidéos-illustrés. Concept novateur et unique dans la province, j’ai maintenant le plaisir de vous partager la section « Top Trucs » sur laquelle je travaille avec le Dr David Paré. Vous y trouverez des capsules où nous présentons des outils pratiques pour la médecine d’urgence. 2 vidéos sont déjà disponibles en ligne :

    – une sur le « HINTS » pour confirmer le diagnostic d’un vertige central (AVC du tronc) à l’examen physique

    – l’autre sur le « HEART Score », pour donner congé en toute confiance à vos DRS à faible risque.

    Le site Top Mu requiert un abonnement annuel, mais cela vous permet en contrepartie d’accumuler des crédits de formation continue, pour votre dossier de DPC.

    En espérant que vous aimerez ce nouveau concept, idéal pour les visuels,

    Frédéric Picotte, MD
    Urgence de Shawinigan

    https://topmu.ca/category/top-truc/

  • Mal de gorge et difficulté à avaler salive

    Mal de gorge et difficulté à avaler salive

     
    64 ans femme avec  ATCD Db2, HTA qui présente avec mal de gorge depuis 2 jours, frissons et sueurs depuis hier, et voix enrouée/odynophagie/difficulté à avaler depuis ce matin.  TA 145/67, FC 115, sat 96%, température 39.5.  BEG, mais voix quasi éteinte.  Pas de stridor, pas de dyspnée évidente.  Gorge à peine érythémateuse, pas d’exsudat,  pas de voussure au palais, amygdales normales.  Plancher buccal normal. Une adénopathie sensible à G.  Cartilage thyroïdien sensible à la palpation.   Pas de trismus ou de torticolis.  Poumons/rate et examen cardiaque sans particularité.  Le bilan révèle des GB à 16, une CRP à 195.  Un rayons-x des tissus mous du cou est fait.  Dx ?
     
    En effet, il s’agit d’une épiglottite chez l’adulte.  Le rayon-x des tissus mous du cou a démontré une perte de la silhouette de l’épiglotte évidente.  La patiente fut placée immédiatement sous abx IV et observée aux USI pour suivi des voies respiratoires supérieures.  Elle n’a pas eu besoin d’être intubée et elle s’améliora rapidement avec le traitement médical.    
     
    Selon UpToDate, 70-96 % des épiglottites chez l’adulte n’ont pas besoin d’une intubation.  Cependant, une surveillance constante et du personnel capable d’intuber rapidement sur place (24/24) sont requis, puisque 3-8 % des patients initialement observés demanderont finalement une intubation urgente.   Les auteurs ne recommandent pas l’épinéphrine racémique et les cortico IV, par manque de données.
     
    En espérant le tout utile,
    Frédéric Picotte, MD
    Urgence de Shawinigan
     
     
    Charles R. Wood. Epiglottitis (supraglottitis): Management. UTOL. 
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24175495
  • « Articles du mois » de first10em.com

    « Articles du mois » de first10em.com

     

    Je veux vous partager ce jour une autre ressource FOAMed, et son « Top Articles » du mois de septembre 2017. Le Dr Justin Morgenstern nous y présente des études, en format court résumé.

    Parmi ceux-ci :

    • La meilleure technique pour pré-oxygéner un patient avant l’intubation – le masque « non-rebreather » à « flush », ie mettre le débit d’oxygène aussi élevé que possible avec un masque à réservoir, était même plus efficace que la ventilation manuelle…
    • Un résumé d’une méta-analyse qui s’attarde aux tubes pour les enfants avec OMA (myringotomie), avec à peine un léger bénéfice pour l’audition à 3 mois, sans changement à 12-24 mois, et sans amélioration du langage démontré… certainement de quoi réfléchir, puisque beaucoup de parents nous demandent des consultations en ORL pour des otites répétées… Je vous réfère évidemment à l’étude elle-même pour être en mesure de prendre une décision éclairée. Par ailleurs, comme nous abordons le sujet de l’otite moyenne aiguë, j’aimerais partager ici l’excellente synthèse  de Teeranai Sakulchit et Ran D. Goldman parue dans la revue Le Médecin de Famille Canadien, qui présente le rôle des antibiotiques, de l’attente vigilante, les complications associées, en français : http://www.cfp.ca/content/63/9/688.   Je retiens de cet article :

     

    • L’attente vigilante pour une OMA légère à modérée n’augmente pas le risque de complications
    • L’antibiotique de choix demeure l’amoxicilline à haute dose en première intention
    • 5 jours d’antibiotique est suffisant pour la plupart des OMA, sauf pour les enfants de 6-23 mois, où un traitement de 10 jours est préférable

     

    • Le niveau d’alcoolémie ne prédit pas le niveau d’atteinte physique ou cognitive chez les patients utilisateurs chroniques… ne pas retarder un congé basé sur un labo, mais se fier plutôt à la clinique (tout en s’assurant que le patient ne prenne pas sa voiture pour rentrer chez lui!)

     

    • L’Haldol pour les vomissements cycliques, la gastroparésie et le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde ? Morgenstern nous rappelle que la molécule la mieux étudiée est le droperidol, mais que nous n’y avons pas accès au Canada. L’Haldol pourrait être une solution de rechange. Chez les patients avec gastroparésie diabétique, l’Haldol 5 mg IM a diminué le taux d’hospitalisation de 17 % en nombre absolu (NNT 6) par rapport au traitement usuel.  Les patients ont aussi requis moins d’analgésie et il n’y a pas eu d’excès de réactions extrapyramidales, même si l’étude était petite (52 patients) pour bien évaluer les effets indésirables.

     

    • Un texte fort intéressant sur l’utilisation du diltiazem (Cardizem) plutôt que l’adénosine pour nos TSVP, qui serait aussi efficace, mais mieux toléré, et avec une tendance vers moins de récidive… pourquoi choisit-on encore l’adénosine pour nos TSVP ? Je vous laisse vous faire votre idée… https://first10em.com/2017/09/05/adenosine-svt/

     

     

     

    En espérant le tout pertinent… à discuter dans vos milieux,

     

    Frédéric Picotte, MD

    Urgence de Shawinigan

     

     

    Références :

    https://first10em.com/2017/09/18/articles-of-the-month-september-2017/

      

    http://www.cfp.ca/content/63/9/688

     

    https://first10em.com/2017/09/05/adenosine-svt/

  • Visites répétées, douleur abdo vague et nausée – une « vraie urgence » à repérer !

    Visites répétées, douleur abdo vague et nausée – une « vraie urgence » à repérer !

     

    Homme de 58 ans connu cirrhose NASH, child B, avec des varices œsophagiennes.  Bonne santé sinon… il est suivi aux 3 mois par son gastro-entérologue.  Patient se présente à l’urgence pour des douleurs abdominales « crampiformes », avec nausée, perte d’appétit, depuis 10 jours.  C’est sa troisième visite à l’urgence.  Une échographie abdominale a été faite lors de la première visite et n’a rien révélé, sauf une légère quantité d’ascite.  Le médecin sur place demande donc un scan abdo-pelvien, qui revient aussi sans grande particularité. Pas d’évidence d’urolithiase, le foie est comparable, les voies bilaires aussi, pas d’évidence radiologique de pancréatite ou d’occlusion.  Les bilans sanguins sont comparables…  et pourtant, le patient a vraiment une nouvelle douleur abdominale, qu’on soulage facilement avec des opiacés, mais qui revient à la charge quelques heures plus tard.  Une consultation en médecine interne est faite, à la recherche d’une péritonite bactérienne spontanée, malgré la faible quantité d’ascite.  La ponction est normale, le diagnostic est exclu.  Le patient repart avec quelques comprimés de Gravol et de Dilaudid, avec de bons conseils de départ.  Il revient une dernière fois trois semaines après la présentation initiale, avec une douleur plus importante –  un scan urgent C+ révèle enfin le diagnostic : une ischémie mésentérique!  Le patient est amené en urgence au bloc opératoire pour une résection urgente du grêle… il passe plusieurs jours intubé.  Comment cette ischémie mésentérique nous a-t-elle glissé entre les doigts ?

     

    La vaste majorité des médecins d’urgence sont bien au fait que le patient qui présente avec une douleur abdominale sévère et un examen clinique peu parlant, ie une douleur disproportionnée par rapport à l’examen physique, se mérite une investigation immédiate par angioscan abdominal à la recherche d’ischémie mésentérique.  La mortalité, de 50 % à un mois, en fait une « vraie » urgence à reconnaître.  Bref, je pense qu’on est bien au courant comme clinicien du tableau classique de l’ischémie mésentérique aigue, la plupart du temps causée par une embolie artérielle ou un thrombus.  Ce que les médecins en général connaissent un peu moins, c’est la présentation plus indolente de l’ischémie mésentérique causée par une thrombose veineuse.  La thrombose veineuse est une cause plus rare d’ischémie mésentérique, responsable de 5-15 % seulement des cas.  Bref, une cause rare d’une maladie déjà peu fréquente.  Les facteurs de risque pour la thrombose veineuse mésentérique sont les états pro-coagulants usuels, les néo et l’hypertension portable.

    Facteurs de risque de thrombose veineuse mésentérique :

    • Tous les états pro-coagulants dont les déficiences en protéines C, S et anti-thrombine III, la  polycythémie vraie, les néoplasies actives
    • L’hypertension portale
    • Une chirurgie abdominale récente
    • Sepsis / infection intra-abdo

    Toutefois, 37 % des thromboses veineuses mésentériques sont idiopathiques.  Le problème avec la thrombose veineuse mésentérique comme cause d’ischémie intestinale, c’est qu’elle est plus indolente, elle présente au départ avec des douleurs abdominales vagues, parfois épigastriques ou HCD, avec anorexie, nausée, distension, parfois des diarrhées.  La douleur se détériore lentement ad la nécrose intestinale, le sepsis et le choc.   Dans les cas subaigus de thrombose, la douleur peut être présente depuis plus d’un mois.  Vous conviendrez avec moi que cette présentation « typique » est tout à fait « non-spécifique », ce qui explique le défi diagnostic, et le besoin d’avoir cette présentation en tête.  L’examen de choix est un scan abdominal avec contraste IV en phase veineuse, pour augmenter la sensibilité ; en cas de doute, un scan triple phase peut être fait, mais cet examen comporte évidemment plus de radiation.  Malheureusement, malgré une sensibilité élevée de 94 % et une spécificité de 95 %, le TACO n’est pas parfait, ce qui explique en partie le fait que le premier scan du patient n’ait pas révélé le diagnostic.

     

    Quelles sont les perles à retenir de ce cas :

    • Les visites répétées d’un patient à l’urgence sont une deuxième, voire une troisième chance, de poser le bon Un patient qui reconsulte pour la même condition est en soi un drapeau rouge.  J’en ai déjà parlé dans le texte aux résidents-finissants publié dans la section « enseignement » début juillet 2017.
    • La sensibilité du scan abdo-pelvien n’est pas parfaite… comme tous les examens d’ailleurs. Certaines pathologies demandent des protocoles particuliers, et les thromboses veineuses en font partie.
    • La douleur n’est pas un symptôme classique d’une gastro-entérite ou d’une entérite. Il faut se rappeler de la présentation indolente et non-spécifique de la thrombose mésentérique veineuse.  Si le patient a des ACTD de thrombose veineuse, un état pro-coagulant ou  une hypertension portable, je pense qu’il est d’autant plus important de considérer le diagnostic de thrombose veineuse avec possible début d’ischémie mésentérique.  Il faut alors préciser au radiologiste notre suspicion clinique pour adapter le protocole.

     

    Je pense que l’ischémie mésentérique liée à une thrombose veineuse et sa présentation subaiguë, avec perte d’appétit, douleur abdo vague, diarrhées  mérite qu’on écrive sur elle. Qu’on en parle entre nous.  L’ischémie mésentérique est une vraie urgence avec une mortalité très élevée… saurez-vous la reconnaître, en particulier celle causée par une thrombose veineuse ?

    En espérant que ce cas puisse vous servir à « repérer plus vite »  votre prochain cas…

     

    Frédéric Picotte, MD

    Urgence de Shawinigan

     

    Références :

    Cudnik MT, The diagnosis of acute mesenteric ischemia: A systemiatic review and meta-analysis. Acad Emerg Med. 2013 Nov;20(11):1087-100. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24238311

     

    Cori E. Russell, Rishi K. Wadhera, Gregory Piazza. Mesenteric Venous Thrombosis. Circulation. 2015;131:1599-1603.  http://circ.ahajournals.org/content/131/18/1599

     

    https://emergencymedicinecases.com/episode-42-mesenteric-ischemia-pancreatitis-3/

    https://radiopaedia.org/articles/acute-superior-mesenteric-vein-thrombosis